Opposition au Pape

Vendredi 12 février 2010 5 12 /02 /2010 07:12
Denis Crouan écrit sur son blog :
  • "Il faudrait que nos évêques de France cessent de s'indigner lorsque des fidèles écrivent directement à Rome pour se plaindre d'eux, ou plus exactement pour se plaindre de ce qu'ils font alors qu'ils ne devraient pas le faire et de plaindre de ce qu'ils ne font pas alors qu'ils devraient le faire. Oui, nos évêques doivent cesser de blâmer les fidèles qui envoient des courriers circonstanciés aux différents dicastères pour faire faire valoir leurs droits de baptisés, pour faire savoir que leurs droits sont bafoués par ceux qui ont autorité dans leurs paroisses, dans leurs diocèses.
  • Car si ces fidèles écrivent à Rome, c'est bien parce qu'ils savent que "là-bas" on les écoute, tandis que lorsqu'ils écrivent à leurs évêques respectifs, ils ne reçoivent généralement aucune réponse. Ou s'ils reçoivent une réponse (ce qui est rarissime, disons-le), elle est plutôt du genre: "mêlez-vous de ce qui vous regarde" avec, en finale, un verset d'Evangile sur la charité. Ecrivez à votre évêque pour vous plaindre de votre curé qui bousille systématiquement les messes dominicales, et si vous avez de la chance, pour aurez pour toute réponse un verset de la première Epître de S. Paul aux Corinthiens. Un peu comme dans les sectes où le gourou a toujours le bon verset biblique à vous lancer à la figure pour vous faire comprendre que vous êtes irrémédiablement à côté de la plaque.
  • Nos évêques parlent souvent de justice, d'écoute... Mais la justice, ils ne la pratiquent pas. Pas plus que l'écoute. Ils ignorent que la justice élémentaire qui relève directement de leur fonction est celle qui consiste à donner aux fidèles ce à quoi ils ont droit: les sacrements, la liturgie de l'Eglise (et non celle des équipes liturgiques !), le catéchisme de l'Eglise (et non celui d'un bureaucrate diocésain!)... Mais sur cette justice-là, sur cette écoute-là, on n'entend pas nos évêques. Quand on s'adresse directement à eux, c'est généralement le silence radio qu'on reçoit pour toute réponse. Alors pourquoi s'irritent-ils en apprenant que de plus en plus de fidèles s'adressent directement à Rome en passant par-dessus les mitres françaises?
  • D'ailleurs, s'adresser à Rome n'est que l'exercice d'un droit: "les fidèles ont la liberté (on parle bien de "liberté" - n.d.l.r. -) de faire connaître aux Pasteurs de l'Eglise leurs besoins surtout spirituels, ainsi que leurs souhaits." (Can. 212 §2). Quand les Pasteurs locaux ne répondent pas, trop occupés qu'ils sont à leurs réunions aussi épuisantes que stériles, il faut bien que les fidèles s'adressent aux instances supérieures, non ? Il n'y a, dans cette procédure, rien qui puisse blesser ou irriter nos évêques."
Par Maximilien Bernard
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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /2010 18:04

Sur son blog, l'abbé Bernard Pellabeuf témoigne de la réception de l'encyclique de Paul VI Humanae Vitae sur la régulation des naissances en France :

p-copie-18"Alors que j’étais séminariste, dans les années 1970, je voyais approcher le moment où j’aurais à préparer des couples au mariage et cette responsabilité m’impressionnait. Je demandais donc à un prêtre qui organisait des week-ends de préparation au mariage de m’admettre à en suivre un. Ces rencontres duraient quarante-huit heures, du vendredi soir au dimanche en fin d’après-midi. J’y rencontrais un prêtre zélé et humble. [...]

Face à la question de la contraception, il développa la thèse de l’épiscopat français, à savoir que la pilule était un mal, mais qu’on pouvait l’utiliser comme un moindre mal, si l’on a besoin de se témoigner son amour par l’union sexuelle dans une période où l’on ne veut pas d’enfant. Par discrétion il se retira ensuite pendant qu’un couple marié venait donner son témoignage. Le Monsieur tirait nerveusement sur sa pipe et ne pipait mot. Quand le prêtre revint, il aborda la question du stérilet, en disant que c’était un abortif et qu’il ne fallait jamais y avoir recours. La dame fit alors : «Ah, bin justement je viens de leur dire que j’en porte un !»

A la fin de la session, je discutais avec lui de l’opposition entre la position des évêques français et celle de Paul VI. Il me répondit qu’il n’y avait pas d’opposition, que les évêques n’avaient fait que recourir à la doctrine classique du moindre mal, et que d’ailleurs un jésuite avait fait un gros livre pour étayer cette position. Je me rendis compte du drame. Ces jeunes couples de fiancés, dont certains étaient très réceptifs au message spirituel de l’Eglise sur le mariage, étaient dévoyés dans le moment même où ils venaient chercher ce message. L’exemple du couple venu témoigner est éloquent : si l’on pense pouvoir légitimement recourir à la contraception, on en vient très facilement à recourir à des procédés abortifs quand celle-ci échoue. Combien de couples ont ainsi été dévoyés à travers la France ? [...]

On voit que la position de la conférence épiscopale française a contribué à répandre chez les catholiques la culture de mort. Cela appelle repentance, ne pensez-vous pas ?"

D'autant plus que du côté du diocèse d'Arras (Mgr Jaeger) et du côté de la Mission de France (Mgr Patenôtre), on ne regrette pas cette opposition au Magistère.

Par Maximilien Bernard
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Samedi 30 janvier 2010 6 30 /01 /2010 07:12
d.jpg L'abbé Bruno Dubreucq est curé d'Aire-sur-la-Lys, dans le diocèse d'Arras (Mgr Jaeger). Mais monsieur le curé tient aussi un blog, dans lequel il manie l'ironie. Lisez plutôt ceci à propos du Pape :
  • "Et puis je vais te dire aussi Benoît, je te trouve très chou notamment sur cette photo, j’ai remarqué que ta garde robe était très variée, avec un je ne sais quoi d’air un peu rétro qui ne peut laisser indifférent, au point que tes copains tiennent les coins de ta chape pour mieux mettre en valeur tes dessous vestimentaires, c’est super !"
Et ici cette réflexion sur Mgr Rey, qui venait de conférer des ordinations selon la forme extraordinaire :
  • "(Avouez que les gants de monseigneur sont too much !)  Eglise qu’as-tu fais du Concile Vatican II ? Il s’agissait de vivre un aggiornamento, d’adapter la Tradition au monde actuel. Nombreux sont ceux qui ont mis leur fidélité dans ces belles pages du Concile, qui ont reconnu dans cette assemblée des évêques du monde entier l’œuvre de l’Esprit-Saint. Reniement ?"
Peut-être que l'abbé Dubreucq devrait, comme Benoît XVI, lire le Concile selon une herméneutique de réforme dans la continuité. Mgr Jaeger l'y aidera-t-il ?
Par Maximilien Bernard
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Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /2010 12:13
v-copie-12


Cette photo a été prise sur le tambour de l'église du Cheylard, dans le diocèse de Viviers. L'évêque est Mgr François Blondel. D'après nos informations, l'abbé André Deloche, de la paroisse Notre-Dame des Boutières, au Cheylard, est animé d'une véritable antipathie à l'égard de Benoît XVI et ne veut voir dans la personne du Pape que l'évêque de Rome qui n'a rien à imposer aux catholiques français. L'abbé Deloche est ce genre de prêtre qui refuse de donner la communion à ceux qui ne veulent pas la recevoir dans la main. Habitué des "Cercles du silence", il manifeste le 1er mai avec la CGT... Qu'en pense Mgr Blondel ?

 

Par Maximilien Bernard
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Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /2010 14:08

Sur le Forum catholique, Luc Perrin relève cette phrase parue dans La Croix, suite à la visite des responsables de la CEF au Pape :

"Au fond, note un évêque, «l’attitude de ces groupes relève d’un relativisme moderne : ils choisissent l’autorité à laquelle ils se soumettent, se réclamant du pape, qui est loin, au détriment des évêques, qui sont proches»."

Et Luc Perrin fait remarquer :

"Il s'agit d'une citation de ... Mgr Darboy, archevêque de Paris et fameux néo-gallican, ardent opposant au Bienheureux Pie IX, qui s'est constamment heurté aux orientations romaines et par conséquent à ceux qui, en France, laïcs surtout mais aussi à l'époque une majorité de prêtres, qui adhéraient avec ardeur et combattivité à l'ultramontanisme. Qu'on compare L'Univers de Louis Veuillot au bulletin de Paix liturgique, ce dernier aura évidemment moins de style, celui de Veuillot véritable écrivain était étincelant, mais paraîtra très respectueux des évêques.

Mgr Darboy dénonçait "ces étranges catholiques dont la piété consiste principalement à saluer le pape de loin pour insulter les évêques de près".

La référence, même insconsciente, a un champion du néo-gallicanisme, par ailleurs très inféodé à l'État autoritaire de Napoléon III, ne manque pas de piquant. Elle montre que derrière les expressions qui changent avec les époques, de vieilles idées perdurent, s'affaiblissent ou resurgissent après une phase de latence."

d-copie-2Mgr Georges Darboy, né en 1813, fut évêque de Nancy puis archevêque de Paris jusqu'à sa mort en 1871. Il soutient avec fermeté la politique romaine de Napoléon III contre l'hostilité d'une grande partie de l'opinion catholique et du clergé. Il fut nommé sénateur en 1864. Alors que, de plus en plus, le clergé français passait à l'ultramontanisme, Mgr Darboy restait un des derniers gallicans, ce qui lui valut de ne jamais recevoir le chapeau de cardinal et de se voir réprimander par le pape dans une lettre privée qu'une erreur fit publier. Pendant le Concile Vatican I (1869/1870), il se rangea avec la minorité qui considérait que la définition de l'infaillibilité pontificale était inopportune.

Par Maximilien Bernard
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Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /2010 07:01
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Voici un exemple de l'herméneutique de la rupture condamnée par le Pape. Mgr Géry Leuliet a cent ans aujourd'hui. Dans La Voix du Nord, cet enfant du Pas-de-Calais qui fut évêque d'Amiens et reste l'un des derniers témoins vivants du Concile Vatican II, oppose Vatican II et la messe en latin :
  • "On a l'impression que cela a été un grand bouleversement, mais le renouveau qui est sorti de Vatican II était en germe dans la société depuis longtemps. Il y avait des signes de changements imperceptibles, à travers des événements qui semblaient banals... [...] Je sais que certains sont restés nostalgiques du passé. De la messe en latin... Il faut se souvenir qu'au départ, la Bible était en hébreu. Elle a d'abord été traduite en grec. Puis en latin au fil des évolutions du monde. Or, plus personne ne parle latin, aujourd'hui... La parole de Dieu ne parvenait plus jusqu'aux hommes."
On lit pourtant dans la première Constitution du Concile Vatican II, à propos du rite latin auquel appartient Mgr Leuliet :
  • "L'usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins [...] On veillera cependant à ce que les fidèles puissent dire ou chanter ensemble en langue latine aussi les parties de l'ordinaire de la messe qui leur reviennent. [...] Selon la tradition séculaire du rite latin dans l'office divin, les clercs doivent garder la langue latine".
Par Maximilien Bernard
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Lundi 28 décembre 2009 1 28 /12 /2009 12:46

Le Salon Beige nous informe que le prêtre Michel Kubler, rédacteur en chef religieux du quotidien La Croix, cesse ses fonctions. Il sera remplacé à compter du 1er janvier 2010 par Dominique Greiner, qui est le directeur du département d'éthique de l'Université Catholique de Lille et vice-président du conseil de surveillance du groupe Bayard.

Celui-ci ne risque malheureusement pas de relever le niveau du quotidien officiel des évêques de France. Dominique Greiner est en effet un admirateur de Mgr Albert Rouet. Dans La Croix du 8 octobre dernier, il encensait l'hérétique évêque de Poitiers, qui, selon lui, porterait sur l'Église un "regard libre et lucide, mais plein d'espérance" :

"Il identifie des tentations qui guettent : cléricalisation (« Tout remonte au prêtre »), affichage identitaire (croix, habit...), starisation de ses responsables (« qui séduit mais ne change rien aux manières de vivre »), durcissement des clivages internes, crispation sur des rites ou un langage incompris du grand nombre, souci de l'efficacité et de la quantité, repli frileux. [...] la manière actuelle de vivre l'Église n'est pas adaptée au monde où nous vivons. Elle contredit ainsi le message de l'Évangile, qui est de l'ordre d'un dialogue constant avec le monde."

Par Maximilien Bernard
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Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /2009 18:44

Plusieurs lecteurs me demandent plus d'information sur l'origine de la note que j'ai mentionnée ici. Elle a été rédigée par Mgr Antoine Hérouard, secrétaire général de la Conférence des Evêques de France.

h-copie-1
Le P. Antoine Hérouard est né en 1956. Il est diplômé de l’École des hautes études commerciales (HEC). Il a fait ses études de théologie à Rome, au séminaire pontifical français et à l’université pontificale grégorienne : il est titulaire d’une licence canonique en théologie morale. Il a été ordonné prêtre en 1985 pour le diocèse de Paris et il a exercé différents ministères en paroisse, il a été curé de Notre-Dame de la Gare Paris 13e, professeur de morale sociale au Studium du séminaire de Paris. Il a notamment été représentant du cardinal Lustiger à la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) et vicaire épiscopal pour la solidarité et aumônier diocésain du Secours catholique.

L'intégralité de la note a été publiée sur le site du diocèse de Cahors dont l'évêque est Mgr Norbert Turini.

Par Maximilien Bernard
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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 12:00
Dans une directive transmise aux prêtres par la Conférence des évêques de France, à propos de la pandémie de grippe A, on peut lire :
  • "Dans les chapelles :
  • Supprimer l’eau des bénitiers
  • Nettoyer fréquemment les poignées des portes.
  • Pour la liturgie eucharistique : 
  • Il convient d’éviter tout contact cutanéo-muqueux ce qui veut dire très concrètement que le baiser de paix peut se donner par un signe d’amitié ou un sourire sans contact cutané. Il faut donc s’abstenir du classique serrement des mains ou de l’accolade.
  • Pour empêcher la diffusion bactérienne très contagieuse au niveau des muqueuses, on remplacera la communion sur la langue par la réception dans la main tout le temps de la pandémie. Ce geste a toute sa dignité comme le rappelait saint Cyrille de Jérusalem au IVème siècle : «Lorsque tu t'avances, ne t'approche pas les mains grandes ouvertes, ni les doigts écartés, mais avec la main gauche, fais un trône pour la droite qui va recevoir le Seigneur. Reçois le Corps du Christ et réponds "Amen"».
  • Les salutations à la fin de la messe peuvent se faire de manière chaleureuse en se saluant sans risque de transmettre autre chose que de l’amitié fraternelle.
  • En cas de concélébration, les prêtres communient par intinction, sauf le dernier des communiants. 
  • Après avoir communié et avant de distribuer la communion, le (ou les) prêtre(s) se lavera(ont) les mains avec un soluté hydro alcoolique (sans rincer). Ils feront de même au retour de la communion.
On soulignera la purification des mains du prêtre avec un soluté hydro alcoolique... Il faut dire que dans certaines paroisses, la purification n'est jamais pratiquée.

c-copie-21.jpgQuant au texte de St Cyrille de Jérusalem, c'est un véritable marronier agité par les modernistes pour nous forcer à croire au bienfait de la communion dans la main. Au même IVe siècle, Saint Basile dit clairement que recevoir la communion de ses propres mains n'est permis qu'en temps de persécution ou, comme dans le cas des moines au désert, lorsqu'il n'y a ni prêtre ni diacre pour la distribuer. Ce texte de St Cyrille est en fait d'une authenticité plus que douteuse comme l'ont rappelé les savants, dont Henri Leclercq, qui a résumé ainsi les faits :
  • "Saint Cyrille de Jérusalem recommandait aux fidèles qu'en se présentant pour recevoir la communion, ils devraient avoir la main droite tendue, les doigts joints, soutenus par la main gauche, la paume légèrement concave; et au moment où le Corps du Christ serait déposé dans sa main, le communiant dirait: Amen." Le texte ne s'arrête toutefois pas là. Il poursuit en proposant ce qui suit: "Sanctifiez votre oeil par le contact avec le Corps Sacré (...) Alors que vos lèvres sont encore humides, touchez vos lèvres et passez votre main sur vos yeux, votre front et vos autres sens pour les sanctifier."
  • Cette recommandation plutôt bizarre (ou même superstitieuse ? Irrévérencieuse ? ) a amené les savants à s'interroger sur l'authenticité de ce texte. Certains pensent qu'il y a eu interpolation, ou que c'est en réalité le successeur du saint qui en est l'auteur. Il n'est pas impossible que ce texte soit réellement l'oeuvre du Patriarche Jean qui a succédé à saint Cyrille de Jérusalem. Mais l'orthodoxie de ce Jean était suspecte. Nous le savons grâce à la correspondance échangée entre saint Epiphane, saint Jérôme et saint Augustin. Nous avons donc à l'appui de la communion dans la main un texte dont l'origine est douteuse et le contenu discutable. D'un autre côté, nous avons des témoins digne de foi, y compris deux grands papes, montrant que la pratique de placer l'hostie consacrée dans la bouche du communiant était habituelle et ordinaire au moins depuis le cinquième siècle."
Mais l'usage de ce texte dans une directive épiscopale traitant de la pandémie montre bien l'objectif de ce texte : s'opposer au retour du sacré et de la dévotion au Corps de Notre-Seigneur. C'est clairment un acte de fronde contre Benoît XVI, qui ne distribue la communion aux fidèles qu'à genoux et sur la langue.
Par Maximilien Bernard
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Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /2009 18:33


Osservatore vaticano rapporte des anecdotes montrant les mauvais rapports entre le Cardinal Vingt-Trois et le Pape Benoît XVI :

"On peut rappeler que la visite du pape à Paris, en septembre 2008 a été, en fait, extrêmement tendue entre l’archevêché de Paris et le Saint-Siège. De véritables négociations avaient eu lieu avant [...]. On a même parfois fortement haussé le ton du côté des interlocuteurs romains devant les réserves et les freins opposés par les autorités ecclésiastiques françaises. Finalement, sur deux points en litige, on a coupé la poire en deux : André Vingt-Trois a dû accepter l’exigence du pape, qui tenait à distribuer la communion à genoux sur la bouche (c’était avant la grippe A…) ; mais le Pape a dû admettre qu’il prononcerait son grand discours sur la culture chrétienne, non pas, comme il l’aurait voulu, sous la coupole de l’Académie française (le cardinal Joseph Ratzinger avait été reçu à l’Académie des Sciences morales et politiques), mais au collège des Bernardins (photo) restauré à grands frais par l’archevêché de Paris. Malgré ce, officiellement, tout a été très cordial. Cependant, tous les téléspectateurs ont pu voir en gros plans que le cardinal de Paris était plus que tendu. Même dans les échanges les plus banals, où on aurait pu faire semblant, les petites distances défiantes que sait poser le Pape étaient fréquentes.

Le chef d’œuvre du genre fut lors du déjeuner avec les évêques de la région d’Ile-de-France que le cardinal de Paris avait voulu, le samedi 12 septembre, après la messe aux Invalides. On dit que le Pape aurait aimé une rencontre avec les jeunes prêtres qui étaient venus en masse à la cérémonie. Il a eu droit à un club épiscopal parisien très typé. Le personnel ancillaire et autre a alors assisté médusé, dans la grande salle à manger de la nonciature, à un spectacle étonnant, dont on comprend que les convives évêques n’aient pas voulu le rapporter. Tout d’abord, les évêques étonnés ont été invités à se mettre à table seuls avant l’arrivée du pape, le nonce attisant la conversation. Au bout d’un certain temps, le Pape est enfin arrivé. On lui a alors servi une assiette à l’allemande avec un repas complet léger, arrosé d’un jus d’orange, puis pour finir d’un fond de vin. Il a ensuite bu une tasse de café, cependant que les évêques continuaient leur repas au rythme du service. Puis il s’est levé et les a laissé achever entre eux. Pendant le moment où il était à table, il a parlé au nonce, à quelques évêques… mais n’a pas adressé un seul mot au cardinal Vingt-Trois assis en face de lui. Et toc.

Deux jours après, le 14 septembre, à Lourdes, dans l’hémicycle Sainte-Bernadette, le Pape adressait au cardinal et aux autres évêques de France un discours qui leur faisait la leçon [...] Et retoc. La douche était si froide (essentiellement à propos du Motu Proprio, dont le Pape sait que la majorité des évêques de France, et surtout le premier d’entre eux, n’arrivent toujours pas à l’avaler) que Mgr Vingt-Trois « s’est lâché » au cours d’une conférence de presse qui a suivi immédiatement ce voyage (le 14 septembre) : «Les rapports du pape avec les évêques ne sont pas des rapports de patron à employés. Il n'est pas un PDG d'une multinationale qui vient visiter une succursale» : entre les évêques de France et le Pape il n’y a pas de «rapports de subordination servile»…"

Par Maximilien Bernard
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Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /2009 06:10
Le 19 novembre 2009, le Conseil Représentatif des Instances Juives de France (CRIF) a rendu hommage à l'évêque émérite de Saint-Denis pour son rôle de « porte-voix » de la Déclaration de repentance des évêques de France en 1997. Le président du CRIF, Richard Prasquier, a souligné l'importance de la déclaration «qui a mis en lumière le rôle, non pas des individus, mais des institutions». A Drancy, le 30 septembre 1997, Mgr de Berranger lisait la Déclaration d'une repentance, qui n'est pas "des évêques de France" mais de certains évêques...

Cette manipulation avait été décryptée par Michel de Jaeghere (La Repentance, histoire d'une manipulation). Le 30 septembre 1997, par cette déclaration de Mgr de Berranger, les évêques français ont choisi de jeter l'opprobre sur leurs prédécesseurs, de dévaluer les interventions de l'Eglise pendant la guerre et le rôle des catholiques dans le sauvetage des juifs. Les évêques polonais avaient également fait une déclaration. Mais là où l'épiscopat polonais parlait de fautes de "certains catholiques", la déclaration française répète de façon incantatoire les mots "Eglise" et "hiérarchie". Et c'est bien ce dont se félicite aujourd'hui Richard Prasquier : par delà la dénonciation de la faiblesse des hommes, il y a la volonté de mettre en cause l'institution. En voici un extrait pour vous en convaincre :

"Dès 1928, le Saint Office avait condamné l’antisémitisme. En 1938, Pie XI déclarait avec force « Spirituellement, nous sommes des sémites ». Mais de quel poids pouvaient peser de telles condamnations. de quel poids pouvait peser la pensée des quelques théologiens évoqués plus haut par rapport aux stéréotypes antijuifs, constamment répétés, dont nous retrouvons la trace, même après 1942, dans des déclarations qui, par ailleurs, ne manquaient pas de courage ? Force est d’admettre en premier lieu le rôle, sinon direct du moins indirect, joué par des lieux communs antijuifs coupablement entretenus dans le peuple chrétien, dans le processus historique qui a conduit à la Shoah. En effet, en dépit (et en partie à cause) des racines juives du christianisme, ainsi que de la fidélité du peuple juif à témoigner du Dieu unique à travers son histoire, la « séparation originelle » surgie dans la seconde moitié du ler siècle a conduit au divorce, puis à une animosité et une hostilité multiséculaires entre les chrétiens et les juifs. Sans nier par ailleurs le poids des données sociales, politiques, culturelles, économiques dans le long itinéraire d’incompréhension et souvent d’antagonisme entre juifs et chrétiens, un des fondements essentiels du débat demeure d’ordre religieux. Cela ne signifie pas que l’on soit en droit d’établir un lien direct de cause à effet entre ces lieux communs antijuifs et la Shoah, car le dessein nazi d’anéantissement du peuple juif a d’autres sources. Au jugement des historiens, c’est un fait bien attesté que, pendant des siècles, a prévalu dans le peuple chrétien, jusqu’au Concile Vatican II, une tradition d’antijudaïsme marquant à des niveaux divers la doctrine et l’enseignement chrétiens, la théologie et l’apologétique, la prédication et la liturgie. Sur ce terreau a fleuri la plante vénéneuse de la haine des juifs. De là un lourd héritage aux conséquences difficiles à effacer - jusqu’en notre siècle. De là des plaies toujours vives."

C'est un véritable réquisitoire contre l'Eglise et plus précisément contre l'Eglise pré-Vatican II. Cette cérémonie de repentance à Drancy a été de fait une cérémonie d'abjuration de l'enseignement préconciliaire. On est en plein dans l'herméneutique de la rupture dénoncée par Benoît XVI.

Pour l'honneur de l'Eglise, et de la France, il faut souligner que près de la moitié des évêques français de 1997 ont refusé de se prêter à cette mascarade. Les signataires se sont donc présentés comme "les évêques d'Ile-de-France" auxquels se sont associés ceux des diocèses où il y avait des camps. Soit 16 évêques.
Par Maximilien Bernard
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Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /2009 07:06
Dans une vidéo, datée du 8 novembre celle-là, l'évêque de Poitiers continue son attaque de l'Eglise. Lisez plutôt :

"Il y a trois problèmes de fond qui traversent l’Église de France. [...] 1er problème de fond, c’est le manque [de prêtres]. Ou bien le manque est une catastrophe et il faut à tout prix le combler. [...] Ou bien le manque est une chance que je crois, c’est la chance de créer autre chose, de faire autrement, et on avance jamais par les pauvretés, que toute restauration, retour à un état antérieur, est voué à l’échec, parce que nous ne sommes plus dans un temps ni une société d’hier. Donc inventons, je ne prétends pas avoir trouvé le fil à couper le beurre. Je ne prétends pas avoir le modèle unique mais je dis : c’est au moins une grande chance de pouvoir vivre en Europe, en France, ce que vivent les milliers et milliers d’Africains, de Sud-Américains ou d’Asiatiques. Donc le manque nous divise. Je prends comme une incitation de l’Esprit à créer autre chose. [à savoir : remplacer les prêtres par des laïcs, on connaît la chanson]

Le deuxième défi touche l’évangélisation. [...] Si vous vous voulez mettre la ville de Niort à feu et à sang, faites une procession à Niort, la ville des assurances et des mutuelles, à tous les coups, vous allez réanimer la libre-pensée, la franc-maçonnerie et tous les opposants. [Donc surtout, face aux christianophobes, faire profile bas...] [...]

Le troisième débat touche : qu’est-ce que l’Église peut recevoir du monde ? Alors je m’explique par les exemples : la féodalité s’est effondrée. Les terriers [ancêtres des cadastres], ici, en Poitou, ont gardé des serfs « S.E.R. » (sic) et pas « C.E.R…S. » (sic), servus, esclave. Ce n’était pas le statut d’esclaves, c’étaient des gens qui avaient une semi-liberté. C’est l’Église. Et s’il y a eu des révoltes contre les propriétés ecclésiastiques, c’est que l’Église était la dernière de toutes les réalités sociales à avoir conservé le servage. Lorsqu’en 1848, Schoelcher – Victor Schoelcher – a réussi à faire supprimer l’esclavage, on ne peut pas dire que les cathos étaient aux premières lignes. Sur la condition féminine aujourd’hui, et aussi bien que sur l’engagement écologique, on n’a pas été les premiers à prendre la course. [Tout ceci est parfaitement faux, Mgr Rouet reprenant à son compte un certain nombre d'erreurs propagées par des gens peu catholiques, comme Renan. L'Eglise, par la voix de St Paul, puis des papes, a été la première à s'exprimer sur l'esclavage, comme sur le respect de la femme et de l'environnement, encore aujourd'hui.]

Mgr Rouet aura 74 ans en janvier. Encore une année avant sa démission.
Par Maximilien Bernard
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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /2009 11:13

Le Salon Beige rapporte, via ce blog, les propos de Mgr Giovanni d’Ercole, nouvel évêque auxiliaire de l’Aquila, chef de la section italienne de la secrétairie d’Etat :



"Il faut regarder l’Eglise avec deux yeux. Il m’est arrivé de le dire sur un plateau de TV. Un oeil sur le Pape, l’autre sur l’évêque et le curé. Si l’évêque et le curé disent la même chose que le Pape, c’est l’Unité. Or le manque d’unité fait un très grand mal à l’Eglise. Si l’évêque ne dit pas la même chose que le Pape, cela me donne un strabisme, alors je regarde le Pape !

Par Maximilien Bernard
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Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /2009 15:57

Comme son collègue du diocèse d'Evreux, Mgr Michel Méranville, archevêque de Fort-de-France (Martinique), prétexte la grippe A pour refuser la communion sur la langue, via le "service diocésain de la santé" :

"Recevons l’hostie dans le creux de la main, non directement dans la bouche. Saluons-nous avec la tête lors du geste de paix".

Et surtout évitons de faire comme le Pape...

Par Maximilien Bernard
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Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /2009 11:37
Dans un communiqué daté du 26 octobre, l'évêque d'Evreux écrit, à propos de l’épidémie de grippe A H1N1 :

"Dès maintenant et pendant l'hiver, nous devons freiner la propagation du virus : en abandonnant la poignée de mains du baiser de paix et en ne distribuant la communion que sur la main. De même, pour les célébrants et ceux qui portent la communion, un lavement des mains avant la célébration est nécessaire."

Abandonner la poignée de mains et distribuer l'hostie (manipulée par le prêtre) dans la main n'est-ce pas un peu contradictoire ? Mgr Nourrichard ne devrait-il pas plutôt interdire plus simplement la communion ? On suggère également à Mgr Nourrichard de demander aux célébrants, soit de porter un masque pour éviter que leurs paroles soit sujettes à diffusion du virus de la grippe A dans les messes "face au peuple", soit de célébrer face à Dieu...

Est-il utile de préciser que nous voyons dans ce communiqué une opposition frontale à Benoît XVI qui ne distribue désormais la communion
que sur la langue ?


Par Maximilien Bernard
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