Immigration

Dimanche 21 février 2010 7 21 /02 /2010 13:17

Un message publié à l'occasion du premier dimanche de carême, et de l'«Année européenne des Églises pour les migrations», par le Pasteur Claude Baty, Mgr Emmanuel et le Cardinal André Vingt-Trois, indique, à propos des migrations :

"Dans un contexte de plus en plus restrictif en matière de politiques migratoires, il est nécessaire d'assurer leur indépendance et leur liberté de parole. Soutenir ces associations, c'est leur permettre d'être présents efficacement sur le terrain auprès de ceux qui se trouvent en détresse."

Le problème c'est que c'est faux. Et les chiffres 2009 le montrent :
-  29.288 étrangers en situation irrégulière ont été reconduits à la frontières
- 173.991 titres de long séjour ont été délivrés
- 108.275 étrangers ont été naturalisés.

De toute évidence, la politique migratoire de la France n'est pas de plus en plus restrictive. Plutôt que de cautionner les associations politiquement marquées à gauche, comme le CCFD ou les Cercles du silence, qui, en cautionnant l'illégalité, n'aident pas les migrants et encouragent leur exploitation, Mgr Vingt-Trois devrait assumer son rôle d'évêque en lançant une véritable campagne d'évangélisation des migrants.

Par Maximilien Bernard
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Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /2010 06:55
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Sur le site du diocèse du Mans (Mgr Yves Le Saux), on trouve un texte d'un goût plutôt moyen (il s'agit d'une imitation de l'Evangile des Béatitudes, sur le thème de l'immigration), dans lequel on lit ceci :

"Heureux, vous, les couples mixtes ! Vous vivez déjà l’amour entre les nations."

Il faut quand même rappeler ce que demande Rome à propos du mariage entre 2 personnes n'ayant pas la même foi :
  • "À l’exception de cas particuliers, le mariage entre catholiques et migrants non-chrétiens devra être déconseillé, avec toutefois plus ou moins de force, selon la religion de chacun et selon les normes du CIC et du CCEO."
Voici ce que dit le Code de droit canonique (CIC) à propos des mariages mixtes :
  • "Le mariage entre deux personnes baptisées, dont l'une a été baptisée dans l'Église catholique ou y a été reçue après le baptême, et l'autre inscrite à une Église ou à une communauté ecclésiale n'ayant pas la pleine communion avec l'Église catholique, est interdit sans la permission expresse de l'autorité compétente."
22h00 : Précisions suite aux réactions parues sur Le Forum catholique.

Je n'attaque pas les évêques de France, même si de temps en temps, je me scandalise de certains de leurs actes. J'observe. Et dans ce cas précis, je constate que, sur le site du diocèse du Mans, il y a une ambiguïté assez grave (quand on connait le droit de l'Eglise et le taux de séparations dans les couples mixtes).

J'ajoute que, contrairement à ce que dit ce lecteur, on ne peut pas classer les évêques en "bons" ou "mauvais". La nature humaine est bien plus complexe. C'est pourquoi il faut regarder les actes. Certains sont bons, d'autres mauvais. Et parfois chez la même personne.

 

Maintenant, fallait-il que je nomme Mgr Le Saux, évêque du Mans depuis  seulement 1 an ? Je comprends qu'on me le reproche. Mais on ne peut pas non plus déresponsabiliser les évêques et parler d'un chef isolé au milieu de collaborateurs hostiles ou sournois. Il y a des exemples d'évêques français, nommés récemment, qui ont, dès le début, choisi avec attention leur entourage, dont leur chargé de communication. Le premier acte d'un chef, c'est de s'entourer en nommant des personnes de confiance.


Quant à la seconde critique parue sur le FC : l'Eglise n'appelle pas couple mixte un couple formé de deux personnes de nationalité différente. Par couple mixte, elle évoque les couples formés d'un catholique et d'un baptisé non-catholique (et "couple dispar" quand il s'agit d'un catholique avec un non-chrétien). Evidemment, si les gens du diocèse du Mans donnent un sens différents aux mots, nous ne sommes pas sortis de l'auberge...

Par Maximilien Bernard
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Vendredi 15 janvier 2010 5 15 /01 /2010 12:04

À l’occasion de la journée mondiale du migrant et du réfugié, dimanche 17 janvier, Monseigneur Claude Shockert, évêque de Belfort-Montbéliart et responsable de la pastorale des migrants au sein de l’épiscopat français, rappelle certaines réalités :

"je me suis rendu à Abidjan en Côte d’Ivoire en avril 2007 pour participer à un colloque sur l’immigration. J’étais le seul européen, avec Mgr Vincent Landel, évêque de Rabat-Casablanca. Nous n’avons pas seulement mis l’accent sur l’immigration sud-nord, j’ai découvert qu’il y avait beaucoup de migrants à l’intérieur des pays d’Afrique, des migrations inter-nationales. Il était intéressant d’entendre le témoignage de l’évêque du Maroc. En contact avec des étudiants sub-sahariens qui viennent au Maroc pour leurs études, un certain nombre d’entre eux cultive le désir de passer en Europe. Le dialogue pastoral les amène à réfléchir pour que leur choix puisse se faire plutôt au bénéfice de leurs pays en y retournant. Cette attitude pastorale tend à se réaliser également dans les diocèses de la région de l’Afrique de l’Ouest. [...] L’Église n’est pas pour tâche d’organiser à la place des autres. L’Église n’a donc pas la maîtrise des politiques qui traitent des migrations et de la sécurité. Elle intervient de manière spécifique. À la base de son action, il y a l’amour de Dieu qui consiste à aimer l’autre comme un frère."

Le rôle de l'Eglise n'est donc pas d'encourager l'immigration ou l'illégalité, mais, face aux réalités, de faire respecter la dignité de la personne humaine. Et cette attitude pastorale, comme le rappelle Mgr Schockert, doit faire comprendre aux migrants que leur pays d'origine a besoin d'eux et de leurs compétences.

Pour approfondir ce sujet, on peut se reporter à l'instruction du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants, Erga migrantes caritas Christi, publiée en 2004. On y lit notamment, à propos des occupations d'églises par des immigrés clandestins, de l'école catholique et de la nécessaire réciprocité :

"nous jugeons qu’il n’est pas opportun, pour le respect de nos lieux sacrés et de la religion d’autrui, que les lieux catholiques – églises, chapelles, lieux de culte, locaux réservés aux activités spécifiques d’évangélisation et de pastorale – soient mis à la disposition de croyants de religions non-chrétiennes, et moins encore qu’ils ne soient utilisés pour faire valoir des revendications vis-à-vis de l’Autorité publique." [n°61]

"Les écoles catholiques, même lorsqu’elles accueillent des enfants d’immigrés d’autres religions, ne doivent pas renoncer à leurs caractéristiques particulières et à leur propre projet éducatif, orienté selon les valeurs chrétiennes."

"Enfin, dans les relations entre chrétiens et pratiquants d’autres religions, le principe de réciprocité revêt une grande importance. Il s’agit non pas d’une attitude purement revendicatrice, mais d’une relation fondée sur le respect mutuel et sur la justice dans les traitements juridiques et religieux. La réciprocité est aussi une attitude du cœur et de l’esprit qui permet de vivre ensemble et en étant partout à parité de droits et de devoirs. Une saine réciprocité stimule chacun à devenir «l’avocat» des droits des minorités là où sa propre communauté religieuse est majoritaire. On pense notamment aux nombreux migrants chrétiens vivant dans des pays à la population majoritairement non chrétienne, où le droit à la liberté religieuse est fortement restreint ou violé."

Par Maximilien Bernard
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Lundi 28 décembre 2009 1 28 /12 /2009 07:17

Quand on navigue sur les sites internet des diocèses de France, on s'aperçoit que bon nombre d'entre eux font la promotion des Cercles du silence, ces groupes pro-immigration (alors que la France régularise plus d'immigrés clandestins qu'elle n'en expulse). J'ai déjà eu l'occasion de l'aborder à propos du diocèse de Lourdes. On le voit aujourd'hui sur le site du diocèse de Grenoble. Et sur bien d'autres encore. On sait que nos évêques ont un peu de mal avec l'immigration, alors que l'exercice du droit d'immigration dépend des autorités politiques. Bref, ces Cercles sont parfaitement ridicules.

a-copie-11Mais ce qui est flagrant, en regard de l'activité déployée pour ces manifestations de soutien à l'illégalité, c'est le silence navrant des même sites concernant le rejet de l'enfant à naître par l'avortement. Et là il ne s'agit pas de 30 000 (et encore) reconduites à la frontière chaque année, dans des conditions somme toute acceptables, mais du massacre de 220 000 bébés, chaque année, dans le ventre de leur mère. En toute légalité et avec le remboursement de la sécurité sociale !

Où sont-ils ces cercles pour briser le silence autour de l'avortement ? Qui dénonce le massacre de ces nouveaux Saints Innocents ?

Par Maximilien Bernard
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Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /2009 12:03
d-copie-9.jpg Mgr Dubost s'inquiète du déficit démographique de l'Europe :
  • "en 2030, l’Europe aura un déficit (par rapport à aujourd’hui) de 40 000 000 personnes s’il n’y a plus de migrations."
Mais plutôt que d'encourager la natalité, comme vient de le faire Benoît XVI, lors de l'Angélus du 6 décembre, Mgr Dubost encourage l'immigration :

"L’Europe a besoin de migrants." Sic. Encore et toujours.

Quand donc encouragera-t-il la natalité ?
Par Maximilien Bernard
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Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /2009 12:46


Sur le site du diocèse d'Arras (dont l'évêque est Mgr Jaeger), on trouve un texte intitulé "L'Exode est-il d'extrême-droite - La place de l'immigré est toujours d'actualité", publié par l'abbé Emile Hennart (photo) responsable de la communication du diocèse (il avait publié une lettre ouverte au Pape suite à la publication du motu proprio Summorum Pontificum). Censé élever le débat sur l'identité nationale et sur l'immigration, il cite de brefs passages de l'Ancien Testament. A la suite de ces citations, on trouve sans transition le communiqué des évêques suisses sur la votation contre les minarets.

Force est de constater que tout ceci n'est pas très intelligent (passons sur l'utilisation diabolisante de l'expression "extrême-droite" qui ne grandit pas son auteur):

- La succession des citations et du communiqué laisse entendre que les immigrés sont assimilés aux musulmans (et vice versa) alors qu'il y a des musulmans qui ne sont plus des immigrés depuis bien longtemps (les harkis notamment) et des immigrés qui ne sont pas musulmans (et aussi des immigrés musulmans qui ne veulent plus être musulmans et qui n'osent pas se convertir par peur de leur propre communauté et qui ne sont pas aidés par les chrétiens, mais c'est un autre sujet...)

- La traduction proposée par la Bible Crampon parle d'étranger alors que les textes cités sur le site du diocèse parlent systématiquement d'émigré. La nuance est pourtant de taille. Les Juifs étaient des étrangers en captivité au pays d'Egypte et Dieu leur a donné un autre pays. Ils sont tous partis. L'immigré cherche (normalement) à s'intégrer. Si l'abbé Hennart compare nos immigrés au peuple juif, alors il considère que les immigrés résidant en France vont repartir tôt ou tard.

- Au petit jeu des citations découpées, l'auteur des découpages va vite être piégé. Que pense-t-il par exemple du Deutéronome 22, 20-21 :

  • "Mais si ce fait est vrai et que la jeune femme ne soit pas trouvée vierge, on fera sortir la jeune femme à l'entrée de la maison de son père, et elle sera lapidée par les gens de sa ville, jusqu'à ce qu'elle meure".

Ou Deutéronome 25, 1-2 :

  • "Quand il s'élèvera une contestation entre des hommes, et qu'ils se seront présentés au jugement, qu'on les aura jugés, qu'on aura absous l'innocent et condamné le coupable, si le coupable a mérité d'être battu, le juge le fera étendre par terre et battre en sa présence d'un nombre de coups proportionné à sa faute. "

Et de celle-ci, tirée du Nouveau Testament, en l'occurrence la lettre de St Paul aux Romains 3, versets 20 et 27, à propos de la validité de la Loi de l'Ancien Testament après la venue de Notre-Seigneur Jésus-Christ :

  • "nul homme ne sera justifié devant lui par les œuvres de la Loi, car une loi ne fait que donner la connaissance du péché. [...] Où est donc la jactance? Elle est exclue. Par quelle loi ? Par la loi des œuvres ? Non, par la loi de la foi."

On peut joindre Emile Hennart ici pour lu idonner quelques renseignements sur la façon de lire la Sainte Ecriture.

 

Par Maximilien Bernard
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Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /2009 19:32

S'il y a bien un sujet temporel que nos évêques aiment aborder, c'est celui de l'immigration. Dernier en date, Mgr Claude Schockert, évêque de Belfort-Montbéliard et responsable de la pastorale des migrants. Malheureusement, la langue de buis est souvent employée et ne permet pas toujours aux catholiques français de comprendre leur rôle. D'un côté,  ils sentent bien qu'ils ne peuvent pas forcément approuver la désastreuse politique migratoire qui fait s'installer n'importe comment des millions d'immigrés dans notre pays au péril du bien commun, et de l'autre, ils savent qu'ils ne doivent pas pour autant mépriser l'immigré.



L'entretien donné par Mgr Schockert date d'il y a une semaine et j'ai préféré, avant de vous en faire part et pour éviter tout strabisme, attendre la publication du message de Benoît XVI pour la 96e journée mondiale du migrant et du réfugié, publié aujourd'hui. Sur ces deux textes, il y a quand même une continuité, qu'il convient de souligner. Mgr Schockert dit en effet :

"L'Eglise n'est pas pour tâche d'organiser à la place des autres. L'Eglise n'a donc pas la maîtrise des politiques qui traitent des migrations et de la sécurité. Elle intervient de manière spécifique. A la base de son action, il y a l'amour de Dieu qui consiste à aimer l'autre comme un frère. L'Eglise prête sa voix à ce titre là pour que nos frères en humanité puissent être entendus et respectés eu égard à leur dignité humaine."

Ce qui signifie que, distinguant le politique (dont les décisions temporelles appartiennent aux laïcs) et le pastoral (dont les décisions spirituelles appartiennent à l'Eglise), l'approche qu'a l'Eglise de l'immigration est essentiellement pastoral. Conformément au catéchisme de l'Eglise catholique et à la doctrine sociale, l'Eglise laisse aux gouvenrants le choix d'ouvrir, de contrôler voire de fermer les portes de leur pays à l'immigration, leur décision devant être jugées en regard du bien commun national.

Dans son message, Benoît XVI rappelle cette dimension pastorale :

"Je m'adresse à présent en particulier aux paroisses et aux nombreuses associations catholiques qui, animées par un esprit de foi et de charité, accomplissent de grands efforts pour répondre aux nécessités de nos frères et sœurs. Tandis que j'exprime ma gratitude pour ce qui est accompli avec une grande générosité, je voudrais inviter tous les chrétiens à prendre conscience du défi social et pastoral que représente la condition des mineurs migrants et réfugiés. Dans notre cœur retentissent à nouveau les paroles de Jésus: «J'étais un étranger et vous m'avez accueilli» (Mt 25, 35)".

Le politique est responsable de la politique d'immigration. Ses décisions peuvent être contestables et contestées au regard du bien commun. Mais cette contestation ne peut se retourner contre l'immigré.

Un dernier mot : le pape distingue le social et le pastoral. Cela signifie, me semble-t-il, que l'aide apportée à l'immigré ne peut se limiter à un caractère social. L'Eglise a aussi -et surtout- le devoir d'évangéliser ces immigrés et de leur ouvrir l'accès aux sacrements.

Par Maximilien Bernard
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