Posté par Maximilien Bernard dans Histoire le 30/05/11
« Evêque, c’est par vous que je meurs ! »
C’est ainsi que le 30 mai 1431, Jeanne d’Arc, prête à mourir sur le bûcher à Rouen, lança cette terrible accusation. Accusation que les belles âmes de l’époque ont du juger ainsi « mais comment oser s’en prendre ainsi à nos pasteurs, nos évêques, c’est indigne…« . Belles âmes que nous retrouvons aujourd’hui, et qui préfèrent se terrer la tête dans le sable, voire hurler avec les loups, plutôt que de reconnaître que, c’est par certains de nos évêques que nous mourrons. Qui sont les évêques Cauchon de nos temps ? Peu importe. Ces insupportables procès en sorcellerie ne sont pas l’apanage du XVe siècle.
Pierre Cauchon était licencié en Droit, et sans doute diplômé en théologie de la Sorbonne. Il était évêque. Mais il rêvait d’être archevêque de Rouen. Or, voici que l’occasion se présentait. C’était une chance unique : s’il arrivait à prouver l’imposture de Jeanne, à la déclarer hérétique ou sorcière, les Anglais seraient plus que ravis : le roi Charles VII, sacré par une sorcière, serait définitivement disqualifié ! Quel rire dans la chrétienté. Alors, il se disait que c’était sa chance et qu’une simple bergère ne pourrait se dépatouiller des instruments de sa rhétorique. Il serait facile de la piéger. Monseigneur Cauchon prépara longuement son procès. Il envoya des émissaires à Domremy, le village natal de Jeanne, pour y recueillir des témoignages, si possible compromettants. Ils ne trouvèrent pas grand chose sinon une danse qu’elle avait pratiquée enfant, avec les fillettes du village, à l’occasion de la saint Jean, autour de « l’arbre des fées », une vieille tradition au parfum païen. Au début, il ne croyait pas en Jeanne. Il commença donc par faire vérifier sa virginité, elle qui se targuait de son titre de « pucelle ». Si elle était vierge, il était prêt à en manger son chapeau....















